On m’a traité de « fils de pute »

Un mec vient de me traiter de « fils de pute » en public! Fils de pute? MOI? Non mais c’es un grand malade! Je vais lui démonter la gueule, je vais le fumer ce mec! Il aurait jamais dû dire ça! Je sais qu’il connaît pas ma mère mais il lui porte atteinte quand même. Je vais défendre son honneur, c’est ce qu’elle voudrait je pense. Quoiqu’en y réfléchissant un peu, je suis pas sûr qu’elle aimerait que je me batte pour ça. Bon ok, alors c’est pas son honneur que je défends mais le mien. Il m’a insulté, c’est trop tard. Je peux entendre cette insulte proférée contre n’importe qui à la télé, à la radio ou sur internet, et ça me fait même rire, mais que ça me soit destiné, à MOI, le centre de MA vie, alors là non! Je suis pas n’importe qui moi. Oui, cette insulte impersonnelle me touche directement comme si elle avait été spécialement conçue pour me rendre dingue. Mon côté animal ressort, plus rien d’autre n’existe, plus aucune notion du temps, comme dans un rêve. Impossible de communiquer avec mon moi de tous les jours. Comment j’ai pu switcher d’un coup? J’ai cru sentir pendant une fraction de seconde que j’avais la possibilité de laisser pisser mais mon cerveau, en panique, a donné à mon visage l’ordre de se crisper pour afficher une rage. Une rage bientôt assumée, sans doute pour crédibiliser la première impression donnée. Plus je garde ce visage crispé moins je me sens de revenir en arrière, vis-à-vis des autres en tous cas. Je suis pris aux piège à cause de cette putain de fraction de seconde. Ça m’est déjà arrivé de lâcher mon orgueil face à une insulte, et dans mon souvenir ça fait comme une boule au ventre, c’est dur de lâcher l’affaire. Putain de merde jsuis trop vénère. Même quand mon ancien patron m’a viré pour un rien j’éprouvais pas autant de rage, pourtant son acte avait potentiellement bien plus d’impact dans ma vie que cette minable insulte. C’est pas normal. Pourquoi? Pourquoi me suis-je en quelque sorte engagé à frapper ce mec? C’est trop tard, je me lève, m’approche de lui avec les poings serrés, je n’ai pas envie de me battre mais je n’ai plus le choix. Je m’apprête à lui sauter dessus quand je sens qu’on m’agrippe par derrière. Oh putain, mes potes me retiennent! Génial! J’ai plus qu’à me débattre un peu, juste pour garder l’image du mec qui ne pouvait vraiment plus se contrôler, et puis je suis sauvé! Merci les potes, mon honneur est en partie sauf.

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